Disclosure

ALBUM : Disclosure – Settle

Publié le 3 juin 2013 | Par Lucille | Chroniques

SettleJe ne pense pas qu’il soit encore nécessaire d’introduire les deux frères sous le patronyme de Disclosure ou encore de vous rappeler leurs faits d’armes : ils sont sur tous les festivals cet été, sur toutes les chaines youtube ou les blogs musicaux. Impossible de les éviter mais aussi impossible de les détester ? Leur premier album Settle est la suite logique d’un large succès et de quelques EP qui laissaient espérer quelque chose de plus impressionnant.

L’album s’ouvre avec le morceau dont le clip est sorti vendredi, When a fire starts to burn. Ouverture sans pincettes, plutôt étrange d’ailleurs comme placement mais le titre fait son effet. Suivent le single Latch, le très prometteur F For You qui était précédemment apparu sous le nom d’Infected et White Noise en featuring avec AlunaGeorge. On pense alors, à juste titre, que l’album est une succession de tubes. On s’imagine déjà taper des mains, danser sur une de leur 4000 dates cet été sans se poser de questions. Et on touche sans doute là ce qui fait le charme mais aussi les limites de Disclosure : la simplicité. C’est, comme dirait, Julian Casablancas « the music we can dance to ». La recette est simplissime : trois phrases, en boucle, assénées sur des rythmes terriblement efficaces et des vocaux sexys, définitivement pop qui leur assure une adhésion du plus grand nombre.

Vous ne trouverez personne de plus enthousiaste que moi à voir la bonne musique électronique atteindre de nouveau un public aussi large. Seulement, si DFA l’a fait dans les années 2000 avec un amour et un talent sans faille, je ne pense pas que Disclosure soit à la hauteur de la mission qu’on leur prête, de façon erronée. Pour moi on se retrouve typiquement en porte-à-faux entre la notion de génie et de talent. Il faut du génie pour créer ces tracks, trouver la recette idéale, associer des samples obscurs des années 90, des stars de la pop et des sonorités r&b mais pas forcément énormément de talent ou de passion. Comprenez-moi bien, je suis heureuse de voir ces titres atteindre le niveau qu’ils atteignent, améliorer considérablement le niveau des charts et j’étais de celles qui dansaient dans la fosse du Pitchfork Festival mais cet album cristallise des attentes qu’il n’est pas capable de combler pour un amateur de musiques électroniques. Cependant, en tant que meuf admiratrice des bons titres pop, aimant danser, je le trouve bon.

Disclosure parle aux filles qui vont de temps en temps en club, ou aux gens qui n’écoutent pas franchement du mainstream mais ne passent pas leur journées sur Pitchfork ou Gorilla vs Bear. Ca parle aussi à ceux qui apprécient de voir le succès d’une dance music de qualité sans s’y reconnaître pour autant, ayant espéré voir Amine Edge ou tout Soulection trouver un succès aussi important. On pourra quand même se mettre d’accord pour déclarer que Grab Her !, You & Me ou encore Second Chance ne sont pas franchement les titres du siècle. En revanche j’admire le titre Confess To Me avec Jessie Ware dont les apparitions aux cotés de Disclosure semblent vouées au succès. L’album se conclut sur Help Me Loose My Mind avec London Grammar, un titre posé, aux paroles plutôt développées et réussies.

Settle se termine comme il a commencé, abruptement, sans intro, sans outro du coup, sans émotions, ni volonté particulière de s’adresser à nous. Les frères Lawrence expliquaient récemment dans une interview qu’ils n’aimaient pas la foule. S’ils semblent savoir comment les faire danser avec un certain génie, ils ne semblent pas franchement trouver d’intérêt à la connaitre et l’accompagner en dehors du club. Mon problème ne vient pas tant de leur musique – pris un par un, la majorité des titres sont très bons – il vient plutôt du format : faire d’un album une accumulation de singles me parait plutôt vide de sens au final. Enfin, il y a juste une chose qui me dérange vraiment, c’est cette réaction de Guy Lawrence “Even people who think we’re too commercial, which I don’t think we are at all, I say to them : what would you rather hear on the radio, « White Noise » or David Guetta ? They can’t say anything back to that.” Mais sur cette question je vous laisse lire ceci, qui devrait vous faire voir un peu plus loin que derrière ces basses dansantes.

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